Une élection charnelle

 

Affiche de Myriam Roques, candidate FN aux législatives © Lina Trabelsi

En période législative, difficile de passer à côté des affiches électorales, comme celle de la candidate du Front national, placardée dans le quartier du Barrou. Trouver une pointe d’humour dans quelque chose d’assez sérieux est un jeu permanent. Le visage de Myriam Roques est très plaisant. A regarder de plus près, on imagine une personne qui préserve sa beauté au détriment de l’âge. Elle aurait pu être mannequin, jeune. Outre la personne, c’est cette phrase « charnellement d’ici » qui ne laisse pas indifférent. L’adverbe renvoie aux plaisirs des sens et au désir sexuel. Un mot qui relie au corps et non à l’esprit. L’association de ces deux idées pourrait susciter de fâcheux préjugés. Alors qu’il s’agit d’une affiche politique, le leitmotiv « charnellement d’ici » semble aller encore plus loin dans l’idée de l’appartenance à une ville, à un pays, qui rehausse l’idée du droit du sang. Sa circonscription lui procure-t-elle un plaisir charnel ? Impossible à savoir. Cette affiche m’aura fait sourire. Un sourire qui est devenu amer puisque Marine Le Pen est arrivée en tête à Sète, au premier tour, avant de faire 44% des voix au second derrière Emmanuel Macron.

LINA TRABELSI