Une destinée nationale pour la 9e édition d’ImageSingulières

Pour cette neuvième édition, les organisateurs d’ImageSingulières se sont lancé un défi : proposer un état des lieux de la France au travers de la photographie. Cette démarche n’avait pas été réalisée depuis un quart de siècle. Ce n’est que la troisième fois qu’un projet d’une telle envergure est réalisé.

Pour Christian Caujolle, grand connaisseur de la photographie, un tel projet n’a été réalisé que deux fois dans l’histoire. ©Adrien CROCHET

ImageSingulières offre pour la première fois, un portrait humain de la France. Plusieurs projets composent ce festival : La France vue d’ici, mené depuis trois ans, en partenariat avec Mediapart, a vu le jour. Pour la première fois, il est montré au public dans son ensemble. Ses instigateurs ont souhaité qu’il accompagne la campagne présidentielle, et qu’il montre le visage d’une France diverse, engagée, volontaire et enthousiaste malgré le marasme ambiant.

Quinze projets de la commande publique du ministère de la Culture Jeunes générations sont aussi exposés. La direction du festival a choisi d’ajouter une thématique Paysans à cette offre. L’objectif est simple : proposer un état des lieux du pays.

De mémoire d’expert, cette démarche n’a été réalisée que deux fois dans l’histoire de la photographie. Christian Caujolle, grand connaisseur de la photographie documentaire et fondateur de l’agence de photographes VU’ n’a que deux exemples en tête : un premier dans les années 1850, la mission « Héliographique », où l’Etat français avait commandé des clichés à des photographes, axés sur les paysages et les monuments. Un autre, près d’un siècle et demi plus tard, dans les années 1980, une commande de la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale). Cette fois, l’objet était de montrer les aménagements du territoire. On peut donc dire que cette édition du festival sétois est le troisième grand regard photographique national, qui a pour ambition de montrer l’état de la France, dans les années 2015.

© Bertrand Gaudillère / Item / La France vue d'ici / Justes Solidaires
© Bertrand Gaudillère / Item / La France vue d’ici / Justes Solidaires

Une évolution du regard photographique

Selon lui, ces trois projets montrent une évolution de la vision photographique portée sur le pays. La commande de la Datar laissait une part importante aux aménagements. La mission « Héliographique » a permis aux photographes d’immortaliser les paysages français. « Dans La France vue d’ici, il y a une grande diversité de sujets et de points de vue photographiques, explique-t-il. Avec chacun de ces projets, on garde une trace d’une manière de voir à un moment donné. » Jusqu’à « La France vue d’ici », il n’y avait aucune humanité dans les photos. Seulement des paysages. C’est désormais chose faite.

Et après ? A chaque décrochage, les photos sont rangées, puis archivées. Ces fonds momentanément endormis seront ressortis d’ici quelques années, voire quelques décennies. « Leur dimension patrimoniale en sera encore plus forte », conclut Christian Caujolle.

ADRIEN CROCHET