Photographier nos âmes

Extime # 7 – Maxim © Gilles Coulon
Extrait de « Extime, ou l’intimité exposée » # 7 – Maxim © Gilles Coulon

En 140 signes sur Twitter, en images sur Instagram, avec des mots sur Facebook, les réseaux sociaux donnent à voir un peu de nos vies. Et si les photographies, que nous partageons, traduisaient la profondeur de nos âmes ?

Ce portrait, réalisé par Gilles Coulon, décrit une réalité : nos profils en ligne sont le miroir de nos existences. Plus encore, ils nous racontent. Ils sont les archives de nos vies.

Des archives qu’il est facile de retracer : on se connecte, et on scrolle. Les réseaux sociaux sont devenus le terrain de jeu des journalistes-enquêteurs et des historiens. Preuve en est : dans les librairies, des ouvrages d’un nouveau genre recouvrent les étagères.

Dans “Seule dans Raqqa”, Hala Kodmani, journaliste à Libération, remonte le cours des événements de la vie d’une jeune syrienne, jusqu’à son assassinat par l’Etat Islamique en 2013. Ivan Jablonka, historien et auteur de “Laëtitia ou la fin des hommes”, exhume un peu de l’existence de cette jeune fille tuée par un amoureux éconduit, un soir de 2011.

Les traces, laissées sur les réseaux sociaux, sont autant d’indices semés qui serviront un jour, peut-être, à dépeindre le visage de notre société.

MARIE-STÉPHANIE SERVOS